Il me faut toutefois revenir sur mes derniers jours à Paris puisqu’ils ont été particulièrement plaisants. Je célébrai mon vingt-et-unième anniversaire dans la capitale française, mais j’étais si concentré sur mon aventure qu’il me sortit complètement de l’esprit. Il fallut qu'Olive me donne un coup de fil pour me le rappeler. En avant-midi, Marie-France et moi allâmes au marché de Barbès. Il s’agit d’une longue allée remplie de commerçants de chaque côté. Tous crient afin d’attirer les acheteurs potentiels, et la foule est si énorme qu’il est pratiquement impossible de ne pas se piler sur les pieds. J’y ai aussi vu une diversité culturelle impressionnante, même plus que celle qu’on peut retrouver à Montréal. J’avoue m’être senti dans mon élément. Nous achetâmes fruits et légumes et retournâmes à l’appartement.
« Oups! Je suis une connasse ». C’est le titre de la pièce de théâtre à laquelle j’ai assisté cette soirée-là. En faisant quelques simples recherches, je me suis vite rendu compte qu’il est possible de s’amuser sans nécessairement payer une fortune à Paris. Marie et moi réservâmes donc deux places dans cette minuscule salle de spectacle située dans le sous-sol d’un bar appelé le Buveur de lune. Dans le spectacle, il n’y avait qu’un personnage : une femme dans la cinquantaine nommée Christine qui meurt au début. On nous présente par la suite son procès, et le verdict est claire: elle est une connasse. Nous revivons ensuite les moments de sa vie qui expliquent cette sentence. Avant la pièce, Marie eut la brillante idée de s’asseoir au premier rang ; elle voulait s’assurer de bien voir. Conséquemment, nous nous assîmes en avant et après une trentaine de minutes, il fallut que j’aille sur la scène, devant tous les spectateurs, afin de participer à la pièce en tant qu’acteur. La scène relatait la période de la vie de la protagoniste dans laquelle elle était amoureuse, mais de façon complètement obsessive. Avant la scène en question, l’actrice vint me prendre par le bras et me dit : « Reste calme et tout ira bien ». Elle commença à m’enlacer et à m’embrasser sur les joues en me disant à quel point notre relation était parfaite. Elle était tout simplement dépendante affective, et j’ai moi aussi réussi à placer quelques blagues ici et là. J’en étais plutôt fier d’ailleurs.
Après la pièce, je sortis en boîte avec Olive et ses amis de l’Université américaine de Paris. L’anglais me manque. Vivre complètement en français est nouveau pour moi, et cette soirée américaine ne m’a fait que du bien. Aussi, je remarque parfois la réaction des gens lorsque Marie et moi parlons à notre manière dans le métro, c’est-à-dire un mélange de français canadien et d’anglais. Ils nous observent comme si nous venions d’une autre planète; au final, je dois admettre que tout cela ne me déplaît pas du tout.
À Paris, j’ai aussi eu l’occasion de voir une autre de mes bonnes amies. Kate, aussi connue sous le nom de Citrus, enseigne l’anglais en France depuis déjà cinq mois et elle adore autant son travail que son nouveau mode de vie. Elle a toujours été très allumée politiquement, et entendre parler de politique canadienne me reconnecta directement avec la culture de mon pays. Je présentai Olive et Citrus à Marie-France et je fus très heureux de constater qu’elles s’entendaient à merveille et qu’elles resteront en contact, même après mon départ pour l’Italie.
Mes journées parisiennes furent donc constituées de longues promenades dans les grandes et petites rues en compagnie de Marie-France. Elle me fit découvrir quelques-uns des plus beaux endroits, et je n’en garde que des souvenirs fantastiques. Marie, je te remercie du plus profond de mon cœur. Ce fut un privilège de passer mes premiers moments en Europe avec toi. La prochaine fois que nous nous verrons, ce sera à mon tour de te faire découvrir une nouvelle ville. Et faute d’inspiration, je vais maintenant éteindre mon ordinateur et admirer cette neige qui semble vouloir s’intensifier.

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