Wednesday, February 18, 2009

Une éducation sentimentale

A friend is somebody who will tell you the truth in private, but will stand by you in front of the others, no matter how wrong you are. Constance, I want to dedicate you this entry. Through the good and bad times, and God knows that we went through a lot of both, we sticked together. Life wasn't always easy, but having you in it definitely made it more fun.

L’école a débuté la semaine dernière, ce qui ne m’a pas empêché de m’amuser. Je me lève vers 10h tous les matins et je relaxe une petite heure avant de commencer à me préparer. Je discute de tout et de rien avec mon cher colocataire, je vais casser la croûte avec mon voisin Mihai, je vais à la cuisine et jase avec ceux et celles qui sont en train de préparer leur petit-déjeuner. Bref, je socialise un peu avant d’aller sous la douche et de m’habiller.

Vivre dans une villa avec d’autres étudiants comporte un nombre important d’avantages qui sont souvent très simples. Par exemple, je suis toujours accompagné lorsque je me rends à l’école en autobus. J’arrive dans le centre-ville de Bologne vers 12h30, après environ vingt minutes de transport, et je passe par un café ou une pizzeria pour m’acheter quelque chose à manger.

Je me suis toujours considéré comme une personne organisée (ou comme je l’aurais dit en anglais : I have my shit together), mais pour dénicher les cours que je me suis trouvés, surtout dans le système universitaire italien qui est géré par des incompétents, il fallait du talent. J’ai un cours de traduction littéraire et un autre de traduction audiovisuelle de l’italien au français, ainsi qu’un cours qui porte sur Carlo Goldoni et un cours de traduction générale de l’anglais à l’italien. Et la meilleure ? J’ai passé quelques tests pour pouvoir être classé dans les bons cours et je ne suis que des cours de maîtrise. Les classes sont donc ridiculement petites, ce qui est génial. Je suis parfois considéré comme « l’Américain de service » qui peut expliquer les références non-européennes, mais je n’ai absolument rien contre le concept.

Après mes cours, qui se terminent souvent vers 17h ou 18h, je me rends à la villa et je commence à cuisiner. La préparation du dîner (le souper, pour les Québécois) est l’un de mes moments favoris de la journée. Tous les étudiants de la résidence se rassemblent et préparent leur repas. On échange, partage et s’entraide exactement comme le ferait une famille. Puis, nous mangeons tous ensemble autour d’une grande table.

Par la suite, la soirée commence. Nombreuses sont les activités qu’on peut faire à Bologne. Si je me sens sage, je vais visiter un musée ou je me promène dans les rues bolognaises que je découvre encore. Sinon, je sors. À Montréal, tout le monde me connaît et sait donc que je suis normalement du genre tendre, attentif et doux. Cependant, ils savent aussi que lorsque je suis dans une situation qui requiert un brin de folie, je deviens légèrement différent. Ici, les commentaires du type « Mais dis donc ! You were on fire » et « What the hell happenned to you tonight » pleuvent. Vous serez contents de savoir que mon alter égo, que mon amie Constance a ironiquement appelé Chapter, se porte à merveille.

Sur une note sérieuse toutefois, je me dois de raconter une histoire qui laissa en moi une déception. La semaine dernière, mercredi je crois, nous étions quatre à vouloir aller danser dans l’une des meilleures discothèques de Bologne. Je n’avais entendu que de bons commentaires à propos de Cassero, une boîte gay. Nous arrivâmes donc très enthousiastes et un tantinet ivres à la porte où se tenait le portier. « Stranieri ! Passaporti per favore ». Nous sommes des étrangers. Conséquemment, nous dûmes montrer notre passeport. Je crus tout d’abord qu’il voulait simplement vérifier notre âge et je lui montrai ma carte d’étudiant qu’il refusa. Je demandai au portier pourquoi il était nécessaire d’avoir son passeport pour entrer dans une discothèque. Rapidement, il me corrigea: « Non è una discoteca. È un circolo ». Il s’agit d’un cercle, pas d’une discothèque. Le portier nous dit qu’il voulait savoir qui fréquentait son cercle et que le passeport était le seul moyen de le savoir.

Il est vrai que pour être acceptés par les autres, les gays du monde entier devraient se créer des cercles fermés. Trois d’entre nous avions notre passeport et nous entrâmes, mais il fallut laisser Sofia à la porte. Sur ma main, on apposa une étampe qui disait « No omofobia ». Les pauvres membres de ce cercle en ont encore beaucoup à apprendre sur l’acceptation. On m’a dit que le Cassero défendait les droits des homosexuels et que pendant l’après-midi, il y avait différents groupes qui se formaient au sein même de la boîte de nuit. Armé de mon passeport, je compte bien m’y rendre et voir ce qui s’y fait. Et faute d’inspiration, je vais jeter un coup d'oeil aux mots en verlan que je dois traduire vers l’italien. Cominciamo a sgobbare !





Tuesday, February 10, 2009

Pallavicini love

After getting lost for more than two hours in Bologna trying to find the bus I was supposed to take, I finally decided to take a taxi all the way to the place where I was going to live. There was a light rain and I was soaked, so I was more than happy to see an available cab on Via Zamboni. After fifteen minutes of driving around, the cab turned onto a street that seemed completely empty.

“E cosa ci fa alla Villa Pallavicini?” asked the driver, to know what I was going to do at the villa. I answered that I was going to live there, and a look of amazement came over his face. “Non sapevo nemmeno che ci fossero persone che ci vivevano”, he replied. After a few minutes, we came to a gate blocking our way. The driver rang the bell and the gate opened itself. I can honestly say that the building I live in is one of the most beautiful ones I’ve seen in Bologna to this point. The inside is a perfect example of seventeenth century Italian architecture, and the outside has a simple, yet extremely classy, modern style. I walked in and saw three people waiting with luggage just as huge as mine. The owner introduced himself, and we all started a tour of what would become our home for the next five months.

The student quarters are actually typical of a university residence. The twenty of us have a room that we share with a roommate, and there are approximately seven washrooms. I had debated for a very long time; should I live in a residence or find myself an apartment somewhere downtown Bologna? My decision, which makes complete sense now that I’m looking back, was to start up here and move into an apartment after a month or two. Honestly, if everything continues to be as it is now, I doubt that I’ll find myself another place to stay.

The people here are from all over. Those who did the tour with me are from Germany, Lithuania and Slovakia. Other countries represented in our house are Russia, Moldova, Turkey, Holland, Romania and Poland, to name only a few. We mostly talk to each other in English as some of them don’t speak Italian. However, there are a few people with whom I always speak Italian, and of course we sometimes bring our Italian friends over, and we all switch to their language when it is necessary.

Now is probably the right time to introduce my roommate. The fact that we share our mother tongue is probably one of the reasons why we became such good friends in a very short period of time. His name is David, he’s from Lyon and he studies cinema. It is thanks to him that I didn’t feel completely lost in this new city. He introduced me to nice people and he brought me to some of the greatest bars and clubs in Bologna. What I like the most about him is that he knows how to have fun, but is also extremely smart. He has opinions and isn’t shy to communicate them.

The more I get to know the people I'm living with, the more I like them. Every one of them has something special and unique that makes me want to know who they are. Eventually, I’m sure we’ll become a family of foreign people in Italy.

Overall, my first week in Italy wasn’t about Italian culture. It was about putting a new life together in a foreign country. Yes, I drank, partied, danced and had fun, but most importantly, I created the basis of what I’m sure will become the adventure of a lifetime. Do not worry, my friends; I shall describe in detail life in Italy in my next entries. It simply wasn’t at the center of this first week. Je vous dirai ceci toutefois: l’Italie est magnifique. I’m looking forward to meeting more Italian people; talking to them as well as understanding their mentality and points of views. This is only the beginning, and I’m sure the rest of it will simply be memorable. And now, as I’m running out of inspiration, I’ll go cook myself some insanely delicious tortellini.








Tuesday, February 3, 2009

The big departure

Je regarde à travers la fenêtre du train et pour la première fois, j’aperçois la neige européenne. Il n’y a que quelques flocons, ce qui rend l’expérience relaxante, voir même envoutante, contrairement à la neige qui tombe dans mon cher pays. Vous comprendrez que je suis en route pour l’Italie, là où je ferai mon échange et commencerai une nouvelle vie.

Il me faut toutefois revenir sur mes derniers jours à Paris puisqu’ils ont été particulièrement plaisants. Je célébrai mon vingt-et-unième anniversaire dans la capitale française, mais j’étais si concentré sur mon aventure qu’il me sortit complètement de l’esprit. Il fallut qu'Olive me donne un coup de fil pour me le rappeler. En avant-midi, Marie-France et moi allâmes au marché de Barbès. Il s’agit d’une longue allée remplie de commerçants de chaque côté. Tous crient afin d’attirer les acheteurs potentiels, et la foule est si énorme qu’il est pratiquement impossible de ne pas se piler sur les pieds. J’y ai aussi vu une diversité culturelle impressionnante, même plus que celle qu’on peut retrouver à Montréal. J’avoue m’être senti dans mon élément. Nous achetâmes fruits et légumes et retournâmes à l’appartement.

« Oups! Je suis une connasse ». C’est le titre de la pièce de théâtre à laquelle j’ai assisté cette soirée-là. En faisant quelques simples recherches, je me suis vite rendu compte qu’il est possible de s’amuser sans nécessairement payer une fortune à Paris. Marie et moi réservâmes donc deux places dans cette minuscule salle de spectacle située dans le sous-sol d’un bar appelé le Buveur de lune. Dans le spectacle, il n’y avait qu’un personnage : une femme dans la cinquantaine nommée Christine qui meurt au début. On nous présente par la suite son procès, et le verdict est claire: elle est une connasse. Nous revivons ensuite les moments de sa vie qui expliquent cette sentence. Avant la pièce, Marie eut la brillante idée de s’asseoir au premier rang ; elle voulait s’assurer de bien voir. Conséquemment, nous nous assîmes en avant et après une trentaine de minutes, il fallut que j’aille sur la scène, devant tous les spectateurs, afin de participer à la pièce en tant qu’acteur. La scène relatait la période de la vie de la protagoniste dans laquelle elle était amoureuse, mais de façon complètement obsessive. Avant la scène en question, l’actrice vint me prendre par le bras et me dit : « Reste calme et tout ira bien ». Elle commença à m’enlacer et à m’embrasser sur les joues en me disant à quel point notre relation était parfaite. Elle était tout simplement dépendante affective, et j’ai moi aussi réussi à placer quelques blagues ici et là. J’en étais plutôt fier d’ailleurs.

Après la pièce, je sortis en boîte avec Olive et ses amis de l’Université américaine de Paris. L’anglais me manque. Vivre complètement en français est nouveau pour moi, et cette soirée américaine ne m’a fait que du bien. Aussi, je remarque parfois la réaction des gens lorsque Marie et moi parlons à notre manière dans le métro, c’est-à-dire un mélange de français canadien et d’anglais. Ils nous observent comme si nous venions d’une autre planète; au final, je dois admettre que tout cela ne me déplaît pas du tout.

À Paris, j’ai aussi eu l’occasion de voir une autre de mes bonnes amies. Kate, aussi connue sous le nom de Citrus, enseigne l’anglais en France depuis déjà cinq mois et elle adore autant son travail que son nouveau mode de vie. Elle a toujours été très allumée politiquement, et entendre parler de politique canadienne me reconnecta directement avec la culture de mon pays. Je présentai Olive et Citrus à Marie-France et je fus très heureux de constater qu’elles s’entendaient à merveille et qu’elles resteront en contact, même après mon départ pour l’Italie.

Mes journées parisiennes furent donc constituées de longues promenades dans les grandes et petites rues en compagnie de Marie-France. Elle me fit découvrir quelques-uns des plus beaux endroits, et je n’en garde que des souvenirs fantastiques. Marie, je te remercie du plus profond de mon cœur. Ce fut un privilège de passer mes premiers moments en Europe avec toi. La prochaine fois que nous nous verrons, ce sera à mon tour de te faire découvrir une nouvelle ville. Et faute d’inspiration, je vais maintenant éteindre mon ordinateur et admirer cette neige qui semble vouloir s’intensifier.